Quand vous allez dans un magasin de disques, généralement, vous achetez des disques. Pour vous garantir succès et talent, voici le 3e de nos trucs pour choisir un bon album : le tripatouillage.
Munissez-vous tout d’abord d’une franche envie de découverte (on en trouve pour pas cher à la fin des pages jaunes). Levez-vous et prenez le bus, le métro, le vélo, la voiture jusqu’au magasin de disques le plus proche. Là, de façon innocente, faites un tour approfondi des “facings” (ces murs où les directeurs de magasin poussent les vendeurs à placer les produits pour lesquels ils ont eu quelques bonnes remises de la part de la maison de disques). Il arrive régulièrement qu’au détriment de toute politique commerciale, un disque ait été placé comme symbole de la résistance. La pochette vous attire, mais vous n’êtes pas sûr que… C’est là que la méthode du tripatouillage est importante : prenez le CD à pleine main, d’un geste rapide et direct. Secouez-le, trois ou quatre fois. Retournez-le en comptant jusqu’à 7, pressez vos mains sur ses côtés. Sentez-le, plus près encore. Là, vous devriez enfin apprendre si le disque a une saveur qui vous revient. Dans le cas contraire, si le cellophane reste flasque, c’est qu’il s’agit d’un disque raté, probalement une production Phil Collins ou un ami de Jean-Marc Sylvestre. Rangez-le immédiatement, il ne doit en aucun cas infecter votre toucher. Recommencez l’opération jusqu’au moment où vous vous rendrez compte que tout le monde vous regarde. C’est en ayant l’air con qu’on grandit. Assumez et prenez l’avant-dernier disque des “S” divers dans le bac indé. Passez à la caisse. Vous venez de faire une affaire et tout le monde vous reconnaîtra la prochaine fois que vous viendrez.
