18 juin 2006

Rivaïveule : Depeche Mode - Speak & Spell - 1981

J’ai commencé à écouter la musique en mono. Ça explique pas mal de choses sur mes goûts actuels. Du coup, chaque remasterisaton d’un album que j’écoutais d’une seule oreille est toujours un moment de redécouverte. D’autant plus quand j’ai detesté cet album au bout de deux passages après y avoir cru dur comme fer. Si “New Life” m’avait intrigué, “Just can’t get enough” conforté, “Speak & Spell” m’avait tout simplement fait chier. Je trahissais l’esprit de Bernard Lenoir pour la première fois (pas la dernière). Mais aujourd’hui, je me suis pardonné. [***** ]

C’est sans doute le côté minimaliste forcené de ce premier album des Depeche Mode qui rassure mon envie nostalgique de ne pas croire que les années 80 n’ont été que cette crotte infâme qui trainasse dans mes souvenirs. On était mal coiffés, on ne sentait pas trop bon de la bouche, on bougeait comme des crétins, on croyait encore en l’an 2000, on était amoureux de la fille aux cheveux frisés qui n’aimait que les plus grands, mais musicalement, il y avait des trucs rigolos tout de même. “Speak & Spell” a gardé cette fraîcheur et cette naïveté qui m’avait fait le détester. Les synthés ultra binaires et les voix de gorge ont fini assez rapidement par m’irriter. J’ai opté à cette époque pour le côté plus sombre et babôsse de la force. J’avais tort a posteriori (pas sur tout, puisque je continue à croire que Neil Young est l’inspirateur de toute la vague post country-rock-folk-pop actuelle). Depeche Mode et cet album en particulier représentait une partie de la révolution qui a vite et mal tourné, en grande partie par facilité et par esprit de contradiction pas malin suite aux “No Future” lancés par nos camarades de chambrée, les ponks. J’aurais dû comprendre à l’époque qu’ils étaient différents ces anglais mal dans leur peau. Que ce disque regorgeait de fantastiques chansons populaires au sens le plus mobilier du terme. C’est toujours un peu chiant à vrai dire, mais diable, quelle surprise de sentir mon cul refrétiller sur “New Life”. “Photographic” est même un monument, une re-révélation. Ils avaient donc raison les journaux quand ils écrivaient que cet album avait eu une influence majeure sur la musique électro revue par les IDMistes.

Note : fait pas toujours bon vieillir, je vais finir par trouver les disques d’Henri Dès remarquables et vouloir m’abonner à Télérama. Déjà que j’écoute encore Bernard Lenoir et France Inter, ça ferait beaucoup.

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