Plouf plouf : faut-il haïr un groupe qui a vendu une chanson (et pas des moindres) à un spot Coca (rouge en plus, oh la honte) ? Pas facile à assumer quand on fait partie de ces groupes post-punk qui fleurissent depuis plusieurs années et qui sont désormais diffusés à très grande échelle. Néanmoins, si ça a pu permettre à Radio 4 de toucher un public plus large, on excusera cette mauvaise idée (bien que le choix du Coca Rouge laisse à désirer). De toutes façons, leur nouvel album est un bon album, donc… [*** ]
Il fait un bien fou ce souffle brillant et juvénile qui nous ramène presque 30 ans en arrière aux portes des garages d’où l’on entendait les groupes copiant sans vergogne les Jam, les Clash, Costello, etc. Radio 4 en fait aujourd’hui partie, ils sont même parmi les pionniers du revival (même si au fond le genre ne s’est jamais réellement éteint, il a connu une espèce de nouvelle vie ces 5 dernières années). Alors quitte à vieillir, autant le faire accompagné par des jeunots qui ont quasiment tout compris (Maggie a disparu et le pire est à venir, ça en fait des raisons de ressortir les guitares et le bac à sable).
Radio 4 aurait dû disparaître après le fameux hurlement “dance to the underground” cocaïfié. Il n’en est rien. Sans doute leur label a-t-il cru bon de leur demander un album assez vite pour profiter de la vague montante. L’ensemble est archi présentable à un repas de vieux copains. Nul doute d’ailleurs que certains d’entre eux n’y entendraient que du vent tant l’énergie est similaire à celle qui régnait à l’époque sus-citée. Cependant, si “enemies like this” est globalement une réussite et si Anthony Roman a une voix digne de ses inspirateurs, on sent une grosse envie de faire vite, peut-être trop. La cohérence en prend donc un léger coup et certains morceaux ne semblent pas totalement finalisés malgré les nombreuses bonnes idées qui les bordent (”All in Control”, “Ascension Street” où la tendance clashienne prend plus de place que la réelle personnalité du groupe).
Mais bon, ça vaut carrément le coup de s’y mettre. Et les deux-trois petites imperfections passent de plus en plus facilement avec les écoutes successives.
Note : prévenir le garçon qui me regarde tous les matins dans le miroir qu’il me ressemble de moins en moins avec ses rides ridicules.
Note 2 : en écoutant “As Far As The Eye Can See”, on ne me fera pas croire que Joe Jackson n’a pas laissé quelques traces en eux.
Label : Astralverks
