5 juin 2006

King Biscuit Time - Black Gold - 2006

L’ennui avec les gens déprimés mais géniaux, c’est qu’ils laissent peu de place pour la critique. Et pourtant, Steve Mason, qui a annoncé récemment qu’il ne remettrait plus les pieds sur scène de toute sa vie, a produit un album un peu chiant. Autant le Beta Band n’a quasiment jamais commis d’erreur de goût, autant ce disque est un peu lourdingue parfois. Attention, cela ne signifie pas qu’il est mauvais (je suis trop gentil et trop humble pour décréter qu’un album pourrait être autre chose que bon - sauf lors d’un repas familial). Il est juste… sans surprise. [***   ]

Le Beta Band est devenu une référence à une période où l’on doutait qu’un groupe anglais puisse revenir parader sur les plates-bandes de la pop bien écrite et désordonnée. Leur séparation, aussi radicale que surprenante, aurait donc pu laisser un grand vide. Mais on a vu souvent rejaillir le feu d’un ancien volcan (bla bla bli) et une nouvelle génération a débarqué. Cet album arrive donc dans une ambiance de succession déjà prise malgré quelques maxis bien roulés. Et comment se succéder à soi-même ?
Comme le répète à l’envie Nolwenn Leroi : o o o. Pas facile pour Steve Mason. C’est sans doute également pour cela que la déception est au rendez-vous. C’est du Beta sans le Band, typiquement. Les morceaux sont pourtant aussi fins qu’auparavant, les voix aussi envoûtantes (ouais !!!), le sens de la mélodie merveilleux, les arrangements sans défaut… Alors, pourquoi cette soudaine envie de dormir au bout de quelques mesures ? C’est simple : la vie c’est pas de la confiture et vieillir, ça laisse des traces parfois. Juste le temps pour Steve Mason de digérer tout cela, mais aussi de prendre conscience qu’il n’est plus seul sur le marché et hop, je suis certain qu’il reviendra aussi puissant qu’un club de foot qui monte en L2.

Envoyez un commentaire
(sauf si vous appartenez à l'UMP, auquel cas, cela risque d'être super délicat)

Vous devez être loggé pour envoyer un commentaire.