Et voici le deuxième album d’un groupe qui n’étonne même plus (et c’est bon signe). Entre Animals Collective, Cocorosie, Subtle et toute cette clique qui se contrefout des contresens et des sens interdits, la musique moderne a de l’avenir (et oui ma bonne madame). Oh bien sûr, il y en eut des tonnes des instigateurs du mouvement. Mais l’ampleur qu’il prend actuellement (le mouvement, pas le sens interdit - ndr) est particulièrement tonifiante pour l’écervelé que je suis. Vous ai-je déjà parlé de mon chat ? [**** ]
Vous vous apprêtiez à partir en boîte pour danser comme des malades ? Un bon coup de Bird Show et vous voilà refroidi ou parfaitement malades (ça peut vous économiser 50 sacs cette affaire). Point de sortie ce soir après l’écoute d’un tel disque. En revanche, une furieuse envie d’appeler tous ses potes pour comprendre : “je rêve ou j’ai pris un coup de vieux depuis que je me suis arrêté sur le dernier best of des Smiths ?”. Diable, même pas peur les labels de nos jours. Bon d’accord, Kranky a pris plus de risques avec Christina et Tom Carter. Mais quand même : approcher de si près la musique pop (au sens populaire) tout en gardant l’esprit révolutionnaire qui sied si bien à ce label, c’est très fort. D’harmonies négatives en loops incongrues, de déconstructivismes en mélodies poignantes, Bird Show confirme son premier album “Green Inferno” (KRANK078). Peu de chance de les retrouver au top, à moins que… La tendance est à l’ouverture. Des magazines tel Wire survolent le quotidien des Anglais. Il va bien falloir que ça finisse par payer partout dans le monde (et je ne fais pas partie de ceux qui pensent qu’en France on est plus cons que les autres puisqu’autour de moi, il y a plein de gens bien qui savent lire et écouter, il n’y a pas de raison que ça ne soit pas le cas ailleurs).
Je ne crois pas non plus qu’il faille jeter aux ordures le reste de la production, bien au contraire. Tout étant indispensable, cette musique l’est particulièrement. Comme pour Tunng, Bird Show sait manier l’art vocal à la Beta Band pour le marier à des instruments pas toujours reconnaissables ou traités de manière maladivement anti-conventionnelle. Les longues plages instrumentales de l’album nous poussent forcément sur des toboggans dont la fin n’est pas toujours perceptible à l’œil nu. Ça renforce d’autant leur côté unique. Il y a d’ailleurs tellement de groupes uniques en ce moment, qu’on va bien trouver un moyen de les regrouper.
Ce nouvel album est un élan supplémentaire vers la démocratie. Je ne suis plus certain d’avoir une bonne raison pour dire ça, mais c’est mon blog et j’écris ce que je veux. Et ce ne sont pas les amateurs de folk compliqué et dissonant qui me démentiront religieusement.
Note: dire à ma mère qu’elle cesse de penser que seule Michèle Torr fait de jolies harmonies vocales.
Label : Kranky
Réf. : KRANK093
