Clairement, ça n’est pas du jeu : je suis fan de Califone. Forcément la chronique qui suit sera positive. Forcément elle sera dithyrambique. Forcément ça va m’énerver parce que j’ai décidé de me lancer dans des chroniques de disques que j’aime et que je risque de répéter toujours la même chose, surtout si je parle de Califone. Alors donc, voici un amoncèlement de répétitions… [***** ]
N’est pas jean-Louis Aubert qui veut, et ça tombe plutôt bien puisque Califone n’est pas un groupe dans lequel JLA aurait pu jouer. C’est de la country lancinante et moderne (quand je dis country, je devrais plutôt parler de néo-folk, voire de pholque - note pour le lecteur qui arrive : je n’ai pas bu). De l’anti groove qui donne quand même envie de s’extasier. Car oui, on peut s’extasier et même s’enthousiasmer à l’écoute d’une telle musique. Ce n’est pas parce que c’est aussi soyeux qu’un rasage du cou avec un bic qu’on va se passer de ce type d’émotion. Califone nous fait le coup à chaque fois. Une musique pleine et puissante, des guitares savamment distordues, des arpèges narcotiques et un tempo à 70, une voix sacrément envoûtée, un son sec… une recette qui n’appartient pas qu’à eux mais qu’ils arrivent à modeler à leur sauce, si bien qu’ils deviennent indispensable aux côté des Palace Brothers et de leur descendance. A chaque album ils ajoutent une pierre à leur somptueux édifice et, à n’en pas douter, ça risque d’être une putain de belle tour dans quelques années, solide face aux vents et ancrée bien profond dans la terre. Califone, j’adore. J’aimerais savoir faire d’aussi grands morceaux qu’eux. C’est d’ailleurs pour ça que je les déteste un peu aussi. Une chose me rassure, ils doivent suer un peu plus que moi pour arriver à une telle musique, et la sueur ça pue, ça fait fuir les filles et ça crée des auréoles indélébiles sur les t-shirts. Allez, pour finir, mon royaume pour “Rattlesnakes Smell Like Split Cucumbers” et ça ira…
Label : Thrill Jockey
Réf. : THRILL170
