Ainsi, Warp aussi se met à la mode des additions. Après la sortie d’un album plein de versions décalées et d’inédits signés Maximo Park en début d’année, voici, dans un autre genre, la même opération pour Jamie Lidell. [** ]
“Multiply” (disque d’or chez moi) avait été un sacré choc esthétique et musical l’an passé. Un revival northern soul (l’anglaise, pas l’américaine) aussi surprenant que prenant. L’acte parfait qui rend un album indispensable en moins d’une écoute. Au-delà de la découverte de la puissance vocale du gazier (qu’il n’était pas si facile de détecter à l’écoute de Super_Collider, même si…), c’est un immense talent pour la simplicité dans l’arrangement et la composition qui est apparu. Point de frime (ou juste pour la forme) ou de hors sujet. Jamie Lidell nous bernait (bon voisin british qu’il est) en une intro et un souffle. Alors qu’attendre d’additions ? D’autres surprises…
Si les remixes ne sont pas exactement du niveau de l’œuvre originale (mis à part le Gonzales du “Multiply”, carrément envoûtant et les deux Herbert, mais on s’en serait douté), les 2 versions live ajoutent une sacré couche émotionnelle au sujet. Il n’y avait vraiment pas d’erreur, “Multiply” est bien le projet d’un garçon ayant avalé de la soul depuis tout petit en la digérant doucement pour mieux s’en faire le nouveau maître blanc. Ses prouesses vocales en public sont remarquables, de bout en bout, il maîtrise. Si Vincent Delerm était élégant, il comprendrait en l’écoutant que la meilleure solution pour lui, c’est l’écriture de roman, comme Papa.
Jamie Lidell, en voilà une belle idole pour les soirées de déprime qui suivent les matches perdus par son club fétiche (qui du coup fait tâche).
Label : Warp
Réf. : WARP143CDD
